Au revoir là haut, Pierre Lemaitre

couv15334571

Synopsis:

Rescapés du chaos de la Grande Guerre, Albert et Edouard comprennent rapidement que le pays ne veut plus d’eux. Malheur aux vainqueurs ! La France glorifie ses morts et oublie les survivants. Albert, employé modeste et timoré, a tout perdu. Edouard, artiste flamboyant mais brisé, est écrasé par son histoire familiale. Désarmés et abandonnés après le carnage, tous deux sont condamnés à l’exclusion. Refusant de céder à l’amertume ou au découragement, ils vont, ensemble, imaginer une arnaque d’une audace inouïe qui mettra le pays tout entier en effervescence. Bien au-delà de la vengeance et de la revanche de deux hommes détruits par une guerre vaine et barbare, Au revoir là-haut est l’histoire caustique et tragique d’un défi à la société, à l’État, à la famille, à la morale patriotique responsables de leur enfer.

Mon avis:

J’ai mis beaucoup de temps à attaquer ce livre, tant il est épais. Il dormait donc tranquillement depuis deux ans dans ma bibliothèque, évitant soigneusement mes petites mimines, et glissant d’étagères en étagères pour fuir mon regard…

Ce livre ne s’est rappelé à moi que lorsque j’ai appris qu’il serait adapté au cinéma en fin d’année 2017. Oh oh, l’occasion était parfaite pour commencer cette grosse brique. Au revoir là-haut a reçu le prix Goncourt en 2013, c’était une première pour moi. Je n’ai pas été déçue. Vous voulez savoir pourquoi ? Lisez moi 😉

Pierre Lemaître a un style travaillé, qui rend la lecture souple et entraînante. Je suis une grande amatrice de styles reconnaissables et de « patte d’écriture » qui donne des ambiances et des couleurs particulières au récit, et Lemaître fait partie de ces auteurs qui en ont une. La narration n’est pas en reste, puisqu’on suit très bien le fil rouge de l’histoire, tout en restant surpris à chaque chapitre par certaines actions des personnages. On apprend à les connaître, et plus on avance dans le récit, plus on les découvre en nuances: les méchants moins méchants, et les gentils moins gentils. Humains, tout simplement. On découvre aussi un monde différent, mais pas si éloigné que ça de la France que nous connaissons, seulement un siècle en arrière. Certaines problématiques nous sont familières, nous les avons apprises à l’école. Mais cette fois, nous vivons l’époque avec les gens qui en ont fait partie, c’est une expérience de voyage dans le temps à couper le souffle.

Je n’ai pas senti les pages se tourner tellement j’étais happée dans l’histoire, emportée par une intrigue prenante, et la découverte de personnages complexes dont les destins se croisent sur la route de la Grande Guerre. Tous ont été affectés d’une manière ou d’une autre par ce premier cataclysme du 20e siècle, et la reconstruction de la France, le devoir de mémoire, et ces pauvres soldats qu’on s’empresse de vouloir oublier. C’est vrai que dans les manuels d’histoire on ne raconte pas ce que deviennent les soldats morts, disparus, brisés. Certains gardent leurs secrets jusqu’à la mort, d’autres témoignent, et ce sont leurs voix qui nous permettent d’attraper une miette de ce que pouvait être leur vie à cette époque. Pierre Lemaître retranscrit avec brio ces destins touchants, parfois avec un peu d’ironie, d’autres fois avec des scènes glaçantes ou dramatiques.

Ce voyage dans la France d’après Grande Guerre, promis, vous n’en reviendrez pas indemne…

 

Publicités

Les Enchantements d’Ambremer / Le Paris des Merveilles, Pierre Pevel

couv2884760

Synopsis :

Paris, 1909. La tour Eiffel est en bois blanc, les sirènes se baignent dans la Seine, des farfadets se promènent dans le bois de Vincennes… et une ligne de métro relie la ville à l’OutreMonde, le pays des fées, et à sa capitale Ambremer. Louis Denizart Hippolyte Griffont est mage du Cercle Cyan, un club de gentlemen-magiciens. Chargé d’enquêter sur un trafic d’objets enchantés, il se retrouve impliqué dans une série de meurtres. L’affaire est épineuse et Griffont doit affronter bien des dangers: un puissant sorcier, d’immortelles gargouilles et, par-dessus tout, l’association forcée avec Isabel de Saint-Gil, une fée renégate que le mage ne connaît que trop bien…

Mon avis:

Un univers steampunk, saupoudré d’une enquête, que demande le peuple ? Un peu plus peut-être pour ma part…

Louis est un mage à moustache, qui se retrouve mêlé malgré lui à une affaire de trafics. Il participe à l’enquête policière, et l’étau se resserre tout au long du récit pour découvrir qui se cache derrière ces vols, mais également ces meurtres. L’intrigue est assez prenante, bien qu’il y ait certaines facilités au niveau de la construction du récit (comme d’heureux hasards qui permettent de résoudre certaines choses plus facilement). J’ai un peu trop senti les ficelles de l’enquête, deviné un peu trop vite où tout ça allait nous mener.

Ces éléments mis à part, j’ai bien aimé les personnages, qu’ils soient principaux ou secondaires, on sent un véritable attachement de l’auteur à ces êtres de papiers, et un soin particulier à leur créer une histoire. Cela dit, les relations entre certains personnages restent un peu dans le flou, si bien qu’on ne comprend pas toujours très bien ce qu’il se passe, et pourquoi certains se comportent d’une telle manière avec d’autres.

En bref, je n’ai pas été franchement convaincue par ce livre, bien que j’aie passé un bon moment (étrange, n’est-ce pas?). C’est surtout la fin du récit qui m’a laissé un goût de vite-plié, parce qu’il fallait trouver un moyen de conclure l’histoire, comme si tout d’un coup, les personnages avaient envie de se barrer faire autre chose. Je n’ai pas beaucoup aimé qu’il y ait une intrigue qui se déroule en quelques pages une fois le livre terminé; ça m’a également laissé un goût de « je cale ça là, ça n’a rien à voir avec le récit précédent, mais bon, c’est cadeau ». Bon, pourquoi pas, la petite histoire était amusante, même très bien trouvée, mais pourquoi à la fin de ce tome ? Après tout cela reste mon avis, qui peut paraître un peu dur, mais c’est surtout à cause de la conclusion du récit…

Du coup je vous le conseille, parce qu’il peut plaire, et je pense qu’on peut passer un bon moment tout de même avec ce livre. Sait-on jamais 😉

Beusous beusous !

Harry Potter and the Cursed Child

couv27906898

Synopsis :

Être Harry Potter n’a jamais été facile et ne l’est pas davantage depuis qu’il est un employé surmené du ministère de la Magie, marié et père de trois enfants. Tandis que Harry se débat avec un passé qui refuse de le laisser en paix, son plus jeune fils, Albus Severus, doit lutter avec le poids d’un héritage familial dont il n’a jamais voulu. Le destin vient fusionner passé et présent. Père et fils se retrouvent face à une dure vérité : parfois, les ténèbres surviennent des endroits les plus inattendus.

Mon avis (spoils en fin d’article) :

Je suis très partagée sur ce livre: d’un côté mon âme de gamine amoureuse d’Harry Potter a frétillé tout le long de ma lecture, mais d’un autre, l’adulte qui pousse en moi a tiqué toutes les deux pages…

Bon bon bon… Harry Potter est un adulte qui a trois enfants à charge, et nous allons suivre plus précisément leur petit enfant-sandwich : Albus Severus. La thématique des problèmes de famille, de relations entre parents et enfants me plaît bien, et j’ai trouvé intéressant de voir ce que ça pouvait représenter d’être l’enfant d’une personne célèbre. Cela dit, je n’ai pas eu beaucoup le temps de m’attacher à ce petit bout, donc à compatir avec son mal-être. J’ai donc eu un peu de mal à comprendre pourquoi il est allé chercher les ennuis tout seul sans que personne ne lui ai rien demandé. J’ai eu encore plus de mal à croire qu’Harry ait encore une sorte de lien étrange avec les forces du mal, alors que techniquement, dans le 7ème tome, on nous explique bien que tout ça c’est fini pour lui.

J’ai cependant apprécié deux personnages contre toute attente : Draco et Scorpius Malefoy. Ils ont des souffrances plus nuancées et des problèmes familiaux plus tendus. L’un comme l’autre m’ont semblé bien plus sympathiques que tous les autres personnages. Ils m’ont semblé avoir une histoire bien plus intéressante qu’Harry, la transparente Ginny (promis, elle ne sert à rien), et leurs trois enfants. Même Ron et Hermione, sont franchement pâlichons dans ce récit.

Bilan avant les spoils:

En bref, c’est un livre parfaitement oubliable, qui ne manquera à personne. Je ne dis pas pour la mise en scène, les acteurs et tout le toutim, mais en tant que pièce de théâtre, en tant que récit poursuivant la saga, il ne vaut pas une cacahouète. On sent très bien que ce n’est pas Rowling qui l’a écrit, et c’est très dommage. La cohérence de son univers ne tient simplement pas, et les personnages sont devenus des ersatz faibles de ce qu’on a pu voir à l’écran. L’intrigue est franchement étrange, pour friser l’incompréhensible à certains moments.

Si vous avez passé une bonne lecture en lisant ce tome, tant mieux pour vous, parce que moi, on ne m’y prendra plus !

 

 

Suite de la chronique avec quelques petits spoils (pour que je puisse m’énerver un peu plus quand même):

Nous avons également droit à des voyages dans le temps, à répétition. Tout ceux qui ont regardé Doctor Who ou Retour vers le Futur le savent: c’est un peu compliqué de construire un récit cohérent autour des voyages dans le temps. Ce que je comprends moins, c’est le manque de jugeote des personnages vis à vis des conséquences qu’une modification du passé peut avoir. Crotte, ils ont 14 ans les gamins, ce n’est pas possible qu’à 14 ans, on ne réalise pas qu’un changement du passé modifie également le présent !! J’ai d’ailleurs trouvé que ces voyages dans le temps sont un peu trop prétexte au fan service, histoire de retrouver des personnages morts ou des moments cultes de la saga. J’ai eu l’étrange impression de relire les sept tomes en un éclair.

Deuxième gros problème de ce récit: Ron Weasley. Mais que t’ont-ils fait ??? Il est devenu un obscur side-kick de seconde zone, maladroit et blagueur, qui devient lourdingue, voir beauf. Mon personnage favori de tous les temps est devenu moins drôle qu’une vidéo de chat à la con. Sérieusement, ça c’est criminel…