J’aime la viande #1 : végé, moi ? Jamais !

La première chose qu’on me répond quand je dis que je suis végétarienne c’est « moi je pourrais jamais, j’aime trop la viande ». C’est pour cela que j’ai choisi d’intituler ma nouvelle série d’articles sur mon végétarisme « j’aime la viande ». Ici, je choisis de partager ma réflexion sur de nombreux stéréotypes et croyances sur ce mode d’alimentation. Je parlerais également de véganisme, puisque, bien que je ne sois pas vegan à 100%, j’essaie de faire au mieux. Évidemment je ne viserais personne personnellement dans ces articles, qui sont dédiés à l’échange et à la réflexion. Les insultes et manques de respects ne sont donc pas les bienvenus. Cette longue introduction étant faite, nous pouvons entrer dans le vif du sujet…

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Mini pizzas poulet-curry à la crème faites maison par moi

Aujourd’hui je vais aborder ma propre transition vers le végétarisme, histoire que vous puissiez comprendre ma démarche pour les articles qui suivront.

J’ai aimé la viande toute ma vie. Surtout le poulet rôti aux pommes de terre, le foie gras, les merguez. J’ai aimé le veau tendre plongé dans sa sauce, les nuggets, le jambon blanc, le saucisson, et le chou farci. J’ai été éduquée comme cela. Mes plats chaque midis et chaque soirs, à la maison ou à la cantine étaient constitués comme suit: une viande et un légume. Sans parler des bols de lait au chocolat, des yaourts ou encore des tartines de beurre salé. Difficile pour moi alors d’imaginer un monde sans viande: j’aimais trop ça. J’aimais le goût, les petits plats faits maison, l’odeur de la graisse brûlée dans les poêles.

J’ai eu l’occasion de rencontrer les personnes végétariennes pour la première fois pendant mon lycée. C’est la première fois que j’ai entendu le mot « cadavre » associé à ce que j’avais dans mon assiette. Et je n’ai jamais eu rien à redire à ce mot. Effectivement, le mot « viande » désigne tout simplement un morceau de cadavre d’animal découpé.

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La tarte au chocolat: vestige de ma vie étudiante

En devenant étudiante, à moi l’autonomie dans mes courses ! Et là, j’ai été complètement paumée: conservation des aliments, place dans le frigo, équilibre alimentaire… Je me suis retrouvée complètement novice dans ce domaine. Mis à part les fondants au chocolat, je n’aimais pas beaucoup cuisiner. Mes premières interrogations sont nées avec le gaspillage alimentaire de mes premiers mois en solo. Je gérais mal les dates de péremption de mes filets de poulet et je ne finissais pas mes saucissons à temps avant qu’ils deviennent durs comme de la pierre. L’argent gâché m’a contrarié. Puis la mort inutile d’un animal m’est venue à l’esprit. Pourquoi ce poulet est mort, si c’est pour terminer dans ma poubelle ? Au fil des mois, je me suis posé une question en découlant directement: pourquoi ce poulet est mort ?

Les scandales à la viande de cheval, la ferme des 1 000 vaches, les vidéos d’abattoirs qui circulent sur internet, la maladie de la vache folle… Ont été d’autres facteurs d’interrogation pour moi, d’autant plus que j’arrivais difficilement à atteindre mes 5 fruits et légumes par jours. J’ai pris (un peu) de poids, j’ai donc senti que  quelque chose clochait dans mon alimentation. Il a fallu que je me réconcilie avec les fournaux. J’ai appris à aimer cuisiner, à inventer des recettes avec ce que j’avais sous la main, avec ou sans cadavre. Intégrer des fruits et des légumes dans mon alimentation a été long; je devais presque tout apprendre sur la cuisson, les associations de saveurs, les épices… Avec des ratés !

J’ai commencé à envisager le végétarisme petit à petit, au fil de mes lectures (articles scientifiques et blogs végé), de mes recherches sur la santé et le bien être animal. J’ai découvert avec stupéfaction à quel point la viande coûtait cher en ressources, en énergie, en douleur animale. Ce sont des choses qui sont tues dans notre société. On ne parle jamais dans les médias conventionnels du massacre des animaux par milliards chaque jour. Ce massacre est même justifié par certains. Pourtant, il y a largement de quoi être révolté. Je n’étais pas d’accord avec le fait que je sois responsable indirectement de la mort d’animaux pacifiques et sans défense. Pendant un an, je ne mangeais presque plus de viande chez moi. Puis en janvier 2016, pendant que je préparais un concours, j’ai sauté le pas. Je venais de lire Plaidoyer pour les animaux de Mathieu Ricard, et j’avais vu le désormais célèbre documentaire Terriens (Earthlings en V.O).


 

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Il m’aura fallu quatre ans de réflexion, de recherches, à peser les pours et les contres, à être malade de voir à quel point les humains se voilent la face sur le contenu de leur assiette. Mon végétarisme a été très mal perçu par certains, très bien perçu par d’autres. Les premiers mois ont été une montagne russe émotionnelle, mais ça valait tellement le coup, pour se sentir en paix avec ses convictions. Ça n’a pas de prix de pouvoir être soi-même.

Si tu cherches à sauter le pas, n’hésites pas, même si tu n’es pas sûr.e de toi. Tu as le droit de ne pas savoir certaines choses, tu as le droit de te tromper, et tu as le droit de te sentir bien dans ton assiette. Et tu as le droit de demander de l’aide.

Prends soin de toi et des animaux.

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2 réflexions sur “J’aime la viande #1 : végé, moi ? Jamais !

  1. J’ai trouver ton article très intéressant, ça me plait de voir les histoires de différentes personnes et d’autant plus lorsque cela parle du végétarisme, cela me permet de comparer à ma propre histoire 🙂 Et j’adore la morale de l’histoire criante de vérité.

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