Zéro plastique, zéro toxique; Aline Gubri

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Synopsis:

Comment adopter un mode de vie écologique quand on n’a pas toujours le temps ni l’argent ? Vous rêvez de réduire vos déchets, nettoyer votre intérieur sans polluants, fabriquer des cosmétiques sans toxique, moins gaspiller, consommer durable, éthique, recycler, réutiliser ? Suivez les pas assurés d’Aline Gubri. Voilà trois ans qu’Aline s’est créé un quotidien écologique, économique et bon pour la santé. Avec ce livre, elle vous fait partager son expérience et sa créativité en proposant des solutions accessibles à tous et facilement adaptables car OUI, il est possible de préserver sa santé et celle de la planète sans se compliquer l’existence ni renoncer au confort de la vie moderne. Découvrez 101 astuces et fabrications maison à base d’ingrédients simples. Vous allez réduire votre impact environnemental, gagner du temps et de l’argent mais surtout… vous allez vous faire du bien !

Mon Avis:

J’ai été complètement séduite par cet ouvrage, qui propose (comme indiqué sur le texte de présentation) des recettes simples et efficaces au quotidien pour vivre de façon saine et économique. Quand on se lance dans une façon différente de consommer et de vivre, on a souvent le tournis à force de voir tout ce qu’il faudrait qu’on change, tout ce qui est mauvais pour la santé et l’environnement. Ça décourage beaucoup de personnes à travers le monde, ils deviennent ensuite défaitistes, et retombent dans l’inaction (le fameux « à quoi bon ? » ou encore « après moi, le déluge » qui a tant de succès en 2018).

Permettre un accès à ce type d’ouvrage pourrait donner le coup de pouce qui fait toute la différence pour des novices écolos, pour des personnes qui ont peu de ressources (par choix ou non d’ailleurs), ainsi que pour les petits jeunes qui commencent à vivre seuls dans leur nid (coucou moi). J’ai beaucoup aimé les petites notes informatives sur certains composés chimiques ou certains modes de fabrication polluants d’objets dont nous nous servons au quotidien. J’ai appris (et révisé) beaucoup de choses.

Cet ouvrage nous permet de retrouver un côté inventif et débrouillard : on cherche à faire tout avec peu de choses. C’est le retour aux pratiques de nos grand-mères, aux petites astuces qui ne coûtent rien et qui changent tout. Les recettes sont classées par thématiques (cuisine, salle de bain, enfants…) et permettent donc d’adapter rapidement nos recherches à nos besoins. Évidemment, les informations sont sourcées (vous savez que je tiens énormément à cela dans les livres), ce qui permet d’avancer dans le sujet.

Je n’ai pas encore essayé ces recettes, mais j’ai hâte de me lancer, et j’encourage vivement tout le monde à se pencher sur cet ouvrage, à mon avis incontournable.

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Zéro déchet: mode d’emploi; Alix Leroy

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Synopsis:

Ce manuel s’adresse à ceux qui refusent de considérer le gaspillage comme une fatalité mais qui ne savent pas par où commencer.

– à ceux qui aimeraient faire plus d’économies au quotidien,
– à ceux qui sont lassés d’être poussés à accumuler et à
posséder toujours plus
-à ceux qui ont oublié tout ce qu’ils pouvaient faire avec leurs mains
-à ceux qui rêvent d’une vie plus saine et plus écolo mais qui pensent que c’est cher et compliqué… Il rassemble des conseils, des astuces et recettes pour simplifier son quotidien et consommer autrement. Le guide de la décennie.

Mon Avis :

Petit guide pratique assez exhaustif lorsqu’on cherche à avoir une vie plus éco-responsable. Je trouve que le titre n’est cependant pas très approprié, puisque nous ne sommes pas dans le zéro déchet total. Cet ouvrage s’adresse plus à des personnes qui cherchent globalement à faire mieux, mais qui ont peur de pousser leur réflexion plus loin.

Les différentes rubriques qui parsèment le livre vous permettent de l’utiliser en fonction de vos besoins : alimentation, jardin, vêtements… Vous apprenez des choses et le guide vous donne quelques pistes d’application. Dans certains domaines, je me suis sentie plus avancée que le livre, là où j’ai quasiment tout appris sur un sujet grâce à lui.

C’est un beau cadeau à faire pour tous ceux et celles qui recherchent des petits conseils pratiques et des astuces pour se lancer dans le refus du consumérisme, la protection des animaux et la réduction de la pollution. Notez que le livre parle de végétarisme, mais faut pas déconner, vous pouvez manger de la viande. La question de la pollution et de la consommation de ressources dûes à l’élevage (intensif ou pas) n’est pas soulevée.

En clair, ce livre est un peu trop consensuel à mon goût, mais peu constituer un bon départ dans le changement de vos vies vers plus d’éthique.

Vache à lait,Dix mythes de l’industrie laitière : Elise Desaulniers

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Synopsis:

L’industrie laitière, l’un des secteurs d’activité agricole les plus importants en France, jouit depuis toujours d’une perception positive. Mais la prépondérance du lait dans notre alimentation et notre attachement aux produits laitiers n’auraient rien de naturel ; ils seraient plutôt le résultat de grosses campagnes de communication et de lobbying. Serions-nous les vaches à lait de l’industrie ? Élise Desaulniers précise, raconte, dénonce. Elle souligne que le lait que nous buvons n’est pas celui que nous pensons boire, et encore moins celui que nous buvions il y a quarante ans. Elle enquête sur le lobby du lait en France qui finance directement la recherche publique et notamment l’Inra, elle s’interroge à propos des allergies provoquées par nos  » amis pour la vie « , à propos du bien-être des vaches laitières et révèle la difficulté pour les jeunes fermiers d’accéder à la production commerciale.

Mon Avis :

Élise Desaulniers livre dans cet ouvrage de nombreuses données permettant de faire un choix plus éclairé quant à la consommation de produits laitiers. On pourrait croire au titre qu’elle est virulente et accusatrice envers ceux qui en consomment, mais il n’en est rien. Bien au contraire, elle ne cesse de rappeler que notre plus grande raison pour consommer des produits laitiers est notre éducation, notre culture, puissants moules de notre société. Son ton est bienveillant tout au long de son ouvrage, elle ne cherche pas à faire dans le sensationnel. Ce livre est une occasion pour réfléchir posément à des questions qu’on ne se pose malheureusement pas assez.

Bien évidemment, comme à chaque fois que je lis un ouvrage informatif sur le véganisme, ce que j’apprécie le plus, c’est de voir la ribambelle de livres, d’études scientifiques, de rapports qui appuient l’argumentation de l’autrice. Car être végane, ce n’est pas croire sur parole ce que disent des gourous obscures sur internet. C’est avoir un esprit critique, une réflexion quotidienne et posée. Cet ouvrage en est l’une des nombreuses preuves: il ne s’agit pas là d’une lubie alimentaire de plus, mais bel et bien d’une solution qui pourrait nous aider à vivre en meilleure santé, en préservant un peu mieux la planète.

Je souhaite à toutes les personnes qui ne le sont pas, de témoigner d’autant d’ouverture d’esprit et de distance critique que l’autrice de cet ouvrage, pour pouvoir enfin établir un dialogue constructif.

Dans les forêts de Sibérie; Sylvain Tesson

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Synopsis:

Assez tôt, j’ai compris que je n’allais pas pouvoir faire grand-chose pour changer le monde. Je me suis alors promis de m’installer quelque temps, seul, dans une cabane. Dans les forêts de Sibérie.J’ai acquis une isba de bois, loin de tout, sur les bords du lac Baïkal. Là, pendant six mois, à cinq jours de marche du premier village, perdu dans une nature démesurée, j’ai tâché d’être heureux. Je crois y être parvenu. Deux chiens, un poêle à bois, une fenêtre ouverte sur un lac suffisent à la vie. Et si la liberté consistait à posséder le temps ? Et si le bonheur revenait à disposer de solitude, d’espace et de silence – toutes choses dont manqueront les générations futures ? Tant qu’il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu.

Mon Avis:

Pour cet hiver, j’avais envie de voyager loin très loin, jusqu’en Sibérie… J’ai alors saisi le livre que Sylvain Tesson a publié, d’après sont carnet de bord, écrit lors de son séjour en ermite sur les rives du lac Baïkal.

Je n’avais encore jamais lu un vrai carnet de bord d’une personne habituée aux grands voyages, à la découverte, et j’étais donc très impatiente à l’idée de lire ce livre. Les 50 premières pages ont été un moment de découverte délicieuse pour moi: le froid, la quête de solitude et de ralentissement… Tout ce qui est recherché par Sylvain Tesson dans cette expérience m’a beaucoup parlé.

Cependant, passé les 100 premières pages (presque à la moitié du livre), j’ai commencé à m’ennuyer, à décrocher régulièrement de ma lecture. J’ai eu deux soucis avec ce livre: il y a peu d’action, et les introspections de l’auteur ne m’ont pas souvent parlé. Certaines de ses réflexions m’ont interpellée, mais j’ai trouvé la plupart d’entre elles condescendantes, méprisantes. Soyons bien d’accord: fuir notre société trop rapide qui surconsomme en permanence me paraît être un bon plan. Mais descendre les moutons que nous sommes de continuer à vivre cela, c’est un peu trop facile à mon avis. Cela reflète plutôt bien à mon sens une image d’intellectuel perché dans son monde qui critique, mais au final, n’apporte pas de solutions et d’actions concrètes pour solutionner ce qu’il repousse.

Sa réflexion sur la consommation de viande est un florilège constant de dissonance cognitive entre « la nature doit être préservée, je ne chasse pas » et de « oulala ça fait faim, pêchons un coup ». Je comprends qu’il ait peu de solutions pour se sustenter et qu’il doive tuer, mais il n’a aucune réflexion sur ses actes. J’aurais apprécié un petit « tuer c’est affreux, ces pauvres poissons auraient peut-être vécu tant de choses si je n’avais pas été là », ou un truc du genre, pour montrer que ses réflexions vont au bout de la logique. Mais bon, c’est bien connu, le poisson, c’est pas de la viande (ça pousse sur les arbres).

Bref, j’ai été déçue par ce livre et je ne pense pas continuer à lire Sylvain Tesson, puisque j’ai le sentiment que nous n’appartenons pas du tout au même monde. Je préfère de loin Wild de Cheryl Strayed, et je vous encourage vivement à le lire !

 

 

Les Zenfants presque zéro déchet, Jérémie Pichon

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Synopsis:

L’objectif de ce livre très illustré : devenir un « héros du zéro » (déchet) et sauver la planète. Ze mission : rejoindre l’équipe Zéro Déchet composée de Compostman, Zéroman, Greengirl, la Fée letoi ou encore Slipman ! Ces héros du Zéro ont concocté un plan d’action génial pour soigner la planète. Par exemple : fabriquer sa propre pâte à modeler, créer des sacs en tissu personnalisés, organiser un anniv sans déchet ou un pique-nique sans plastique. Toutes les activités des enfants sont ainsi abordées en 3 temps: une « Bédé » pour rigoler, un « Docu » pour comprendre et une « Action » pour changer leur monde et toute la planète en même temps ! Telle est la recette pour faire de nos bambins des héros du quotidien, les citoyens de demain.

Mon Avis:

Après Famille (presque) Zéro Déchet, voici venu le temps de parler des Zenfants (presque) Zéro Déchet ! Autant vous dire que ce volume est tout aussi génial que le précédent, même s’il comporte moins d’informations (normal, il est pour les enfants). Un format plus grand, plus de couleurs, plus de dessin, des jeux et des bande-dessinées, ce livre donne un côté très fun au développement durable, ce qui est malheureusement encore trop rare. On ne va pas se mentir : une bonne communication, c’est souvent une communication positive, sans culpabilisation. Quand on présente un problème et qu’on y apporte des solutions présentées comme simples, c’est plus facile pour le lecteur de chercher à mettre en pratique tout ce qui a été dit.

Je n’ai pas d’enfants, donc à ce titre, je ne peux pas affirmer que ce livre est utile, efficace pour eux. A mon niveau, je l’ai simplement trouvé ludique, et drôle.

Petite note: les Zéro Déchet prône une réduction de la consommation de viande, et assument une consommation de beurre, de lait et d’œufs (oui mais bio … parce que le bio ça fait pas bobo aux zanimaux). Si vous consommez du tofu, de la crème végétale, ou autre produit « orienté » vers les Véganes, vous créerez plus de déchets que cette famille dans votre poubelle personnelle. En revanche, si vous considérez la consommation d’eau, la pollution des sols, de l’eau, de l’air, que cause l’exploitation des animaux, peut-être que ce film plastique qui protège votre tofu pèse moins lourd dans la balance pour la planète. Peut-être 😉 .

Planète Végane: Ophélie Véron

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Synopsis:

Et si nous vivions sans exploiter les animaux ? Viande, fromage, laine, cuir, corrida, zoo… Être végane, c’est vivre en essayant de ne pas exploiter les animaux. Au-delà d’une simple alimentation, le véganisme est un mode de vie, un engagement philosophique et un mouvement politique qui nous invite à changer notre regard sur le monde et sur notre quotidien. C’est aussi une alternative de société, qui vise tout autant à respecter la vie animale qu’à préserver la planète et les générations futures. Loin des idées reçues, Ophélie Véron nous explique le pourquoi et le comment du véganisme. Dans cet ouvrage riche en informations, réflexions et découvertes, elle analyse les origines et idées fortes du mouvement et offre tous les outils nécessaires pour s’engager en faveur d’un monde plus juste et solidaire. Éthique, environnement, nutrition, vie pratique, communication… Que vous soyez omnivore, végé en devenir ou végane de la première heure, elle répond à toutes vos questions et déconstruit les mythes les plus tenaces même le fameux cri de la carotte !

Mon Avis:

Si vous êtes familier.es avec l’univers du véganisme, ce nom vous dit peut-être quelque chose. Ophélie Véron est une chercheuse en sciences sociales et plus particulièrement dans le domaine du mouvement végane. Rédactrice du blog Antigone XXI, elle nous a déjà informé.e.s sur de nombreux sujets, tels que la laine, le cuir, ou différents phénomènes de sociétés liés à l’écoféminisme.
Publié en mai 2017, Planète Végane est un ouvrage qui se veut complet sur le véganisme. Ophélie Véron reviendra sur les origines du véganisme, donne quelques conseils pour se lancer, ainsi qu’un guide de communication à l’usage du végane. Planète Végane est à destination des apprentis véganes, des véganes endurcis, des omnivores, ou des flexitariens…

Le parti pris d’Ophélie Véron dans ce livre est de décrire une certaine façon de vivre qui permet de respecter les animaux en tant qu’individus. Il ne s’agit pas seulement de faire un état des lieux, mais surtout de proposer des clés pour être végane, le rester et être épanoui dans ses choix. Pas de panique, vous pouvez l’offrir à votre tante Végé-curieuse : le vocabulaire est clair, le style est fluide (et la police raviera celles et ceux qui sont faché.es avec leurs lunettes). Les explications un peu techniques sur l’assimilation de certaines vitamines et protéines restent très claires (quoique je déconseille la lecture de ces passages quand vous êtes dans le métro en fin de journée aux heures de pointes). Des tableaux comparatifs de marques, des listes d’aliments basiques pour les véganes, ou encore des encadrés venant préciser certains points permettent de réexploiter le livre une fois celui-ci terminé. Je suis particulièrement ravie de la bibliographie et de la sitographie fournies ; si vous souhaitez en savoir plus, continuer à vous motiver et à trouver des astuces, lisez-la, vous ne le regretterez pas.
Si vous recherchez un ouvrage complet au sujet du véganisme, Planète Végane est idéal. Il peut autant compléter des connaissances que vous avez déjà, ou tout vous apprendre si vous êtes novices.

Note pour retrouver ce livre en librairie : la plupart des ouvrages parlant de véganisme se trouvent dans les librairies, mais les classements sont très différents selon les établissements. Ils peuvent être rangés dans la section nature/environnement, société, ou cuisine. J’ai rencontré ces trois cas de figure pour ce livre, n’hésitez donc pas à demander à votre libraire !

J’aime la viande #3: ça donne des forces !

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Carnisme et sexisme ensemble ; au secours !!!

Je me considère comme étant féministe. Je lutte au quotidien pour que les femmes aient les mêmes droits que les hommes, que leurs corps soient respectés, et qu’elle puissent faire ce qu’elles veulent avec. Je considère que la société patricarcale dans laquelle nous vivons actuellement doit prendre fin. Elle est porteuse de croyances dépassées et mauvaises pour la moitié de la population humaine mondiale. Je me considère comme antispéciste. Je pense que l’être humain n’est pas au-dessus des autres animaux, et qu’il a un devoir de protection envers eux. C’est pourquoi je ne mange pas d’animaux; je considère que je n’ai aucun droit de vie ou de mort sur qui que ce soit, que ce soit les animaux humains, ou les animaux non-humains.

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Beurk…

Et au croisement de ces deux luttes se trouvent certaines croyances autour du végétarisme, qui me rendent dingue. Imaginez: des stéréotypes qui sont à la fois sexistes et spécistes. Le combo suprême qui me donne envie de hurler.

Essayons de rester calme cependant. S’il y a des stéréotypes et des idées toutes faites, il doit y avoir moyen de les neutraliser. Respirons, et analysons ce préjugé bizarre: la viande, ça donne des forces !!

Une longue histoire de la consommation de viande nous précède, il peut donc paraître très étrange aux occidentaux dont je fais partie de mettre en question sa consommation. Pourtant il est de nombreuses cultures de part le monde qu’il n’ont jamais touché à un morceau de cadavre de leur vie, que ce soit pour des raisons religieuses, éthiques, philosophiques, ou de santé. On pourra d’ailleurs remarquer au passage que les « restrictions » alimentaires ne sont tolérées dans nos sociétés que si elles ont lieu pour des raisons religieuses. L’éthique en France, tout le monde s’en bat les steaks (vous l’avez ?).

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Les animaux carnivores sont vus comme puissants, dominateurs, forts, voire invincibles. Ils sont idéalisés dans de nombreuses images qui peuplent notre littérature (le loup, le renard, le lion… ). A l’inverse, les végétariens sont vus comme des proies, des faibles, ou des personnes à protéger (agneau, vache…). L’être humain, ayant une vision anthropocentriste de l’univers (c’est à dire que tout a été crée pour lui rendre service, ce qu’on retrouve dans la Bible par exemple), se pense comme supérieurs aux autres animaux. L’identification aux carnivores est donc plus valorisante d’un point de vue symbolique, que l’identification aux herbivores. Manger de la viande est donc vu, à travers de nombreux rites de banquets, de sacrifices rituels, comme un signe de puissance. La viande a d’ailleurs été longtemps un signe de grande richesse si elle était servie à table, car elle constituait un mets rare. Les pauvres à l’inverse, avaient une alimentation très majoritairement constituée de végétaux. Il n’est pas étonnant que la patate soit encore vue comme une nourriture de pauvre, quand on sait qu’elle a sauvé des milliers d’irlandais de la famine !

La viande ça rend fort et puissant (selon certaines affirmations encore trop répandues aujourd’hui). Et qui dans nos sociétés a le devoir de se présenter comme étant fort et puissant ? L’homme avec un petit « h », celui qui porte les chromosomes XY et qui revendique le droit à son morceau de steak à chaque repas sous peine d’être anémié. On associe souvent le végétarisme à un truc de faibles, fait pour les gens trop sensibles, ou celles qui n’en n’ont pas forcément besoin: les femmes. L’homme fort sort pour gagner sa pitance et travailler dur pour ramener à manger, la femme faible reste à la maison pour le ménage, la couture, garder les marmots. Dans certaines cultures, il est d’ailleurs d’usage de laisser les hommes consommer leur content de viande avant que femmes et enfants ne puissent se servir. La joie.

On associe la viande avec un apport en protéines conséquent. Protéines dont nous avons besoin dans les efforts physiques. Les personnes très sportives, ou qui ont un travail physique, ont besoin de beaucoup de protéines. Qui sont plus nombreuses et plus faciles à assimiler quand elles proviennent des végétaux.

D’ailleurs si vous tapez « protéines » dans Google images, ce que l’on voit apparaître, c’est une ribambelle de morceaux de steaks, de poissons, de fromages et d’œufs. Rien qui pousse sur les arbres. Et pourtant, si je vous restitue un tableau comparatif d’apport protéinique entre des aliments végétaux et carnés :

Voici la quantité de protéines pour 100g de nourriture (tableau 1: sources végétales, tableau 2: sources animales), consultez l’article entier ici. Notez que selon les sources, les taux peuvent varier, mais les végétaux sont très très nombreux à apporter au corps des apports protéiniques supérieurs ou égaux aux sources carnées. Les protéines végétales s’assimilent d’ailleurs mieux dans le corps, à l’arrivée, on est gagnant sur tous les terrains.

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Certes, le cadavre vous donne des apports protéiniques, mais on peut tout autant s’en passer. Effectivement les végétaux coûtent moins cher, mais nous ne sommes plus au Moyen-âge, nous n’avons plus besoin de tuer un cochon (ni de chasser d’ailleurs) pour impressionner nos familles !

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à aller chercher les informations sur le site de l’association végétarienne de France, sur le blog d’Ophélie Véron (Antigone XXI), et dans les nombreux livres super chouettes sur le végétarisme qui se trouvent partout maintenant (Vivre Végane, Yes Vegan! Un choix de vie, Plaidoyer pour les animaux, Faut-il manger des animaux ?). Et pour retrouver une étude plus approfondie sur le sexisme et le spécisme croisés, lisez La politique sexuelle de la viande.

 

Sur ce, prenez soin de vous et des animaux ❤

Famille (presque) Zéro Déchet- Ze Guide !

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Synopsis:

Réduire ses déchets pour la planète, pour sa santé, pour le porte-monnaie, c’est le moment ! Mais comment s’y prendre ? En marchant dans les pas de Jérémie et Bénédicte. Ce livre, à la fois carnet de bord pas triste, et guide pratique, vous mènera au but en vous épargnant bien des pièges ! Avec humour et autodérision, les auteurs vous proposent un plan d’action détaillé et 10 défis Zéro Déchet pour vous lancer. En s’appuyant sur leur connaissance de l’écologie, ils livrent des centaines de conseils pratiques et d’alternatives simples pour le quotidien : courses, cuisine, nettoyage, mobilier, hygiène, maquillage, vêtements, jardin, bricolage, festivités… Car les déchets sont partout ! Ce que vous allez gagner : l’amélioration de votre écobilan familial (1 poubelle de 15 L pour 1 mois), moins de toxiques et de sacrées économies. Plus le sentiment exaltant d’être acteur de sa vie, de sa santé, de créer du lien, de toucher à l’essentiel.

Mon Avis:

Le zéro déchet était un concept un peu flou pour moi, jusqu’à la lecture de ce livre. L’idée est séduisante : réduire ses déchets pour réduire son impact environnemental. Bon. Vaste programme: je lève les yeux de mon livre… Ils sont partout ! Mouchoirs, tickets de caisse, emballages plastiques, opercules, publicités… Argh ! Heureusement que le guide que j’avais entre les mains me prenait par la main pour m’expliquer un peu par où commencer, tout en douceur.

On commence avec un état des lieux sur notre planète, la pollution et le système de tri des déchets. Famille (presque) zéro déchet dézingue les clichés sur ce que nous croyons communément sur ces sujets (du genre: le tri c’est magique!). Le vrai plus de ce livre, c’est qu’il donne des clés pour agir. Parce que le secret est là; il suffit d’agir à son échelle pour participer à la préservation de l’environnement. C’est exactement cette logique d’action qui m’a poussée à devenir végé, je n’ai donc pas eu besoin de beaucoup d’arguments pour être convaincue du bien fondé de cette démarche.

Après l’état des lieux général, place à l’action ! Que ce soit lors des courses, pour cuisiner, pour faire le ménage, pour les cosmétiques, les enfants, pour faire la fête ou pour bricoler chez soi, tout y passe ! L’état des lieux et le plan d’action qui va avec sont livrés pour chaque catégorie, si bien qu’on peut déjà commencer en douceur dans tous ces domaines. Les illustrations sont à la fois très drôles et informatives; il y a de nombreux schémas explicatifs qui peuvent être utiles pour ceux qui n’aiment pas lire 😉

Bref Famille (presque) Zéro Déchet- Ze Guide est un indispensable pour tous (que vous ayez des marmots ou non d’ailleurs), qui vous informera et vous donnera la petite étincelle de motivation qui manquait pour dire adieu aux emballages. Vous ne serez pas déçu, parole !

N’hésitez pas à aller voir leur blog : http://www.famillezerodechet.com/

 

 

J’aime la viande #2: et j’aime les animaux

Ici, je choisis de partager ma réflexion sur de nombreux stéréotypes et croyances sur le végéta*isme. Je parlerais également de véganisme, puisque, bien que je ne sois pas vegan à 100%, j’essaie de faire au mieux. Évidemment je ne viserais personne personnellement dans ces articles, qui sont dédiés à l’échange et à la réflexion. Les insultes et manques de respects ne sont donc pas les bienvenus.

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Qui ne s’est jamais offusqué devant des images de chat balancé par une fenêtre, ou de plats typiques de pays lointains garnis… de chien. Étonnant quand on pense que cette empathie, cet amour des animaux, nous l’oublions si facilement une fois passé à table. Les moutons, vaches, poules, lapins, chevreuils, qui finissent dans nos assiettes n’ont pas droit à autant de considération que nos chers chats, chiens, furets, hamsters ou cochons d’Inde. Pourquoi cette distinction ?

1.Le spécisme

Selon l’Encyclopédie Universelle, le spécisme est un terme « Constitué en référence et par analogie aux notions de racisme et de sexisme,ce terme désigne toute discrimination fondée sur des critères d’appartenance à uneespèce biologique donnée. » En clair, une personne spéciste ne va pas reconnaître la même sensibilité, les mêmes droits ou les mêmes rôles à des animaux de différentes espèces. Breaking news; nous le sommes tous à différents degrés.

Ici, il s’agit donc de distinguer les animaux qui sont « mangeables » de ceux qu’il est culturellement inconcevable de manger. Ou de torturer d’ailleurs. Je peux citer les milliers de singes torturés au quotidien par des laboratoires pour des expériences, là ou un scandale éclate dès qu’il s’agit de torturer un chien pour les mêmes raisons. Si on cherche à donner une valeur à leur vie, les tortures ne sont justifiables pour aucun des animaux.

L’antispécisme cherche donc à rendre une équité (et non une égalité, ce n’est pas la même chose) entre tous les êtres vivants. Et non pas de faire passer les autres animaux avant l’humain. Juste le respect de tous les êtres vivants.

Fabien CARRIÉ, « ANTISPÉCISME  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 août 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/antispecisme/

 

2. La Dissonance cognitive

Découle du spécisme ancré dans nos cultures un phénomène psychologique génial, qui nous permet de nous arranger avec notre conscience: la dissonance cognitive.

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Un petit exemple simple: le fumeur qui sait que fumer tue

La dissonance cognitive permet de vivre en accord avec soi-même et ses valeurs, même si en vrai, on ne les met pas du tout en application. Par exemple: je cherche à sauver la planète, mais je ne recycle pas mes déchets.

C’est le fameux exemple de l’éleveur qui aime ses vaches, mais qui programme tout de même consciencieusement leur mort et les envoie à l’abattoir. Imaginez cela reporté à un autre animal: j’adore mon chien, je m’en occupe bien, mais le mois prochain, j’ai prévu de le faire abattre / parce qu’il est devenu trop vieux pour la reproduction avec les chiennes de mon élevage. La partie en gras de la phrase montre l’excuse qu’on se donne à l’acte qui en réalité ne correspond pas avec notre amour de ce chien. Perso, le chien, si je l’aime je le garde avec moi jusqu’à ce qu’il meurt paisiblement dans son sommeil. Imaginez ça dans un élevage de vaches: c’est juste impossible.

3. Le poids de la culture

Savoir ce que sont le spécisme et la dissonance cognitive est une chose, mettre en pratique ce pour quoi on croit représente une autre paire de manches. Il ne s’agit pas de hurler à tout bout de champs que le monde est injuste tout en likant des photos de chats mignons sur twitter.

Il s’agit de mettre en application ce qu’on pense être juste, non seulement pour soi, mais également pour les autres. Je ne pense pas que les gens souhaitent vraiment tous ces milliards d’animaux torturés et tués chaque année dans la mer comme sur la terre. Je pense que les gens sont mal informés. L’éducation et les traditions s’ajoutent à cette équation complexe. Il est difficile d’ignorer que la France est le pays du foie gras, et que tu peux offenser grandement ta mamie en refusant de manger de la chair brûlée en décomposition (oui, même la viande « fraîche » commence très rapidement à se décomposer du moment qu’elle est morte).

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Le boycott de la viande, du poisson, du lait et des œufs ne permet pas de sauver les animaux qui souffrent aujourd’hui. Cela permet en revanche de réduire le nombre de ceux qui souffriront à l’avenir. Ce n’est pas parce qu’à l’avenir nous ne serons plus là, qu’il ne faut rien changer.

Pour conclure, je ne vous ordonne rien, je ne cherche pas à vous convertir à un quelconque dogme de secte (ou autre connerie qu’on peut dire aujourd’hui des végé). Je cherche simplement à vous restituer les informations que j’ai pu glaner. Déconstruire des croyances sociales, changer de traditions sont des exercices très complexes. Il faut du temps pour accepter d’avoir eu tort, pour chercher à agir mieux. Le tout est de s’investir réellement quand une chose nous tient à cœur. Les animaux cohabitent avec nous sur cette Terre, ils ont le droit d’y vivre en toute quiétude. Comme nous.

L’école du Colibri; Isabelle Peloux

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Synopsis:

En 2006, Isabelle Peloux, professeur des écoles, fonde une école différente, au cœur du centre agroécologique des Amanins, dans la Drôme. Elle y développe une pédagogie fondée sur la coopération entre les élèves ainsi qu un enseignement spécifique d éducation à la paix avec soi-même, avec les autres et avec l’environnement.

Mon Avis:

Je ne sais pas trop ce qui m’a pris pendant mes VACANCES de lire un bouquin sur la pédagogie, mais bon, je ne regrette pas.

Je cherchais quelques pistes de réflexions pour mettre en pratique une pédagogie collaborative. L’ouvrage d’Isabelle Peloux décrit son expérience à l’école primaire des Amanins. Elle fait partie du mouvement des Colibris, qui souhaite apporter sa contribution (même toute petite) à l’écologie. L’école comporte (trèèès) peu d’élèves et se situe en milieu rural, il peut être donc difficile à première vue de le retranscrire à ce qu’on peut vivre soi-même (un lycée en banlieue parisienne par exemple).

N’empêche que les méthodes et démarches de l’autrice sont très intéressantes, et cela peut non seulement te rendre de l’espoir sur la profession, mais également te donner quelques pistes.

L’idée de la collaboration pour remplacer le système de compétition plébiscité par le système scolaire français me paraît bien plus saine pour bâtir un monde où tes enfants ne chercheront pas à écraser ceux des autres pour se faire une place au soleil (ce qui est déjà le cas). Peut-être ces idées sont utopistes, mais je préfère largement chercher à changer les choses, plutôt que d’être égoïste et d’ignorer les autres.

En bref, même si tu es pas enseignant.e, tu as quelque chose à apprendre de ce livre, et plus globalement des Colibris 😉