J’aime la viande #3: ça donne des forces !

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Carnisme et sexisme ensemble ; au secours !!!

Je me considère comme étant féministe. Je lutte au quotidien pour que les femmes aient les mêmes droits que les hommes, que leurs corps soient respectés, et qu’elle puissent faire ce qu’elles veulent avec. Je considère que la société patricarcale dans laquelle nous vivons actuellement doit prendre fin. Elle est porteuse de croyances dépassées et mauvaises pour la moitié de la population humaine mondiale. Je me considère comme antispéciste. Je pense que l’être humain n’est pas au-dessus des autres animaux, et qu’il a un devoir de protection envers eux. C’est pourquoi je ne mange pas d’animaux; je considère que je n’ai aucun droit de vie ou de mort sur qui que ce soit, que ce soit les animaux humains, ou les animaux non-humains.

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Beurk…

Et au croisement de ces deux luttes se trouvent certaines croyances autour du végétarisme, qui me rendent dingue. Imaginez: des stéréotypes qui sont à la fois sexistes et spécistes. Le combo suprême qui me donne envie de hurler.

Essayons de rester calme cependant. S’il y a des stéréotypes et des idées toutes faites, il doit y avoir moyen de les neutraliser. Respirons, et analysons ce préjugé bizarre: la viande, ça donne des forces !!

Une longue histoire de la consommation de viande nous précède, il peut donc paraître très étrange aux occidentaux dont je fais partie de mettre en question sa consommation. Pourtant il est de nombreuses cultures de part le monde qu’il n’ont jamais touché à un morceau de cadavre de leur vie, que ce soit pour des raisons religieuses, éthiques, philosophiques, ou de santé. On pourra d’ailleurs remarquer au passage que les « restrictions » alimentaires ne sont tolérées dans nos sociétés que si elles ont lieu pour des raisons religieuses. L’éthique en France, tout le monde s’en bat les steaks (vous l’avez ?).

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Les animaux carnivores sont vus comme puissants, dominateurs, forts, voire invincibles. Ils sont idéalisés dans de nombreuses images qui peuplent notre littérature (le loup, le renard, le lion… ). A l’inverse, les végétariens sont vus comme des proies, des faibles, ou des personnes à protéger (agneau, vache…). L’être humain, ayant une vision anthropocentriste de l’univers (c’est à dire que tout a été crée pour lui rendre service, ce qu’on retrouve dans la Bible par exemple), se pense comme supérieurs aux autres animaux. L’identification aux carnivores est donc plus valorisante d’un point de vue symbolique, que l’identification aux herbivores. Manger de la viande est donc vu, à travers de nombreux rites de banquets, de sacrifices rituels, comme un signe de puissance. La viande a d’ailleurs été longtemps un signe de grande richesse si elle était servie à table, car elle constituait un mets rare. Les pauvres à l’inverse, avaient une alimentation très majoritairement constituée de végétaux. Il n’est pas étonnant que la patate soit encore vue comme une nourriture de pauvre, quand on sait qu’elle a sauvé des milliers d’irlandais de la famine !

La viande ça rend fort et puissant (selon certaines affirmations encore trop répandues aujourd’hui). Et qui dans nos sociétés a le devoir de se présenter comme étant fort et puissant ? L’homme avec un petit « h », celui qui porte les chromosomes XY et qui revendique le droit à son morceau de steak à chaque repas sous peine d’être anémié. On associe souvent le végétarisme à un truc de faibles, fait pour les gens trop sensibles, ou celles qui n’en n’ont pas forcément besoin: les femmes. L’homme fort sort pour gagner sa pitance et travailler dur pour ramener à manger, la femme faible reste à la maison pour le ménage, la couture, garder les marmots. Dans certaines cultures, il est d’ailleurs d’usage de laisser les hommes consommer leur content de viande avant que femmes et enfants ne puissent se servir. La joie.

On associe la viande avec un apport en protéines conséquent. Protéines dont nous avons besoin dans les efforts physiques. Les personnes très sportives, ou qui ont un travail physique, ont besoin de beaucoup de protéines. Qui sont plus nombreuses et plus faciles à assimiler quand elles proviennent des végétaux.

D’ailleurs si vous tapez « protéines » dans Google images, ce que l’on voit apparaître, c’est une ribambelle de morceaux de steaks, de poissons, de fromages et d’œufs. Rien qui pousse sur les arbres. Et pourtant, si je vous restitue un tableau comparatif d’apport protéinique entre des aliments végétaux et carnés :

Voici la quantité de protéines pour 100g de nourriture (tableau 1: sources végétales, tableau 2: sources animales), consultez l’article entier ici. Notez que selon les sources, les taux peuvent varier, mais les végétaux sont très très nombreux à apporter au corps des apports protéiniques supérieurs ou égaux aux sources carnées. Les protéines végétales s’assimilent d’ailleurs mieux dans le corps, à l’arrivée, on est gagnant sur tous les terrains.

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Certes, le cadavre vous donne des apports protéiniques, mais on peut tout autant s’en passer. Effectivement les végétaux coûtent moins cher, mais nous ne sommes plus au Moyen-âge, nous n’avons plus besoin de tuer un cochon (ni de chasser d’ailleurs) pour impressionner nos familles !

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à aller chercher les informations sur le site de l’association végétarienne de France, sur le blog d’Ophélie Véron (Antigone XXI), et dans les nombreux livres super chouettes sur le végétarisme qui se trouvent partout maintenant (Vivre Végane, Yes Vegan! Un choix de vie, Plaidoyer pour les animaux, Faut-il manger des animaux ?). Et pour retrouver une étude plus approfondie sur le sexisme et le spécisme croisés, lisez La politique sexuelle de la viande.

 

Sur ce, prenez soin de vous et des animaux ❤

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Famille (presque) Zéro Déchet- Ze Guide !

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Synopsis:

Réduire ses déchets pour la planète, pour sa santé, pour le porte-monnaie, c’est le moment ! Mais comment s’y prendre ? En marchant dans les pas de Jérémie et Bénédicte. Ce livre, à la fois carnet de bord pas triste, et guide pratique, vous mènera au but en vous épargnant bien des pièges ! Avec humour et autodérision, les auteurs vous proposent un plan d’action détaillé et 10 défis Zéro Déchet pour vous lancer. En s’appuyant sur leur connaissance de l’écologie, ils livrent des centaines de conseils pratiques et d’alternatives simples pour le quotidien : courses, cuisine, nettoyage, mobilier, hygiène, maquillage, vêtements, jardin, bricolage, festivités… Car les déchets sont partout ! Ce que vous allez gagner : l’amélioration de votre écobilan familial (1 poubelle de 15 L pour 1 mois), moins de toxiques et de sacrées économies. Plus le sentiment exaltant d’être acteur de sa vie, de sa santé, de créer du lien, de toucher à l’essentiel.

Mon Avis:

Le zéro déchet était un concept un peu flou pour moi, jusqu’à la lecture de ce livre. L’idée est séduisante : réduire ses déchets pour réduire son impact environnemental. Bon. Vaste programme: je lève les yeux de mon livre… Ils sont partout ! Mouchoirs, tickets de caisse, emballages plastiques, opercules, publicités… Argh ! Heureusement que le guide que j’avais entre les mains me prenait par la main pour m’expliquer un peu par où commencer, tout en douceur.

On commence avec un état des lieux sur notre planète, la pollution et le système de tri des déchets. Famille (presque) zéro déchet dézingue les clichés sur ce que nous croyons communément sur ces sujets (du genre: le tri c’est magique!). Le vrai plus de ce livre, c’est qu’il donne des clés pour agir. Parce que le secret est là; il suffit d’agir à son échelle pour participer à la préservation de l’environnement. C’est exactement cette logique d’action qui m’a poussée à devenir végé, je n’ai donc pas eu besoin de beaucoup d’arguments pour être convaincue du bien fondé de cette démarche.

Après l’état des lieux général, place à l’action ! Que ce soit lors des courses, pour cuisiner, pour faire le ménage, pour les cosmétiques, les enfants, pour faire la fête ou pour bricoler chez soi, tout y passe ! L’état des lieux et le plan d’action qui va avec sont livrés pour chaque catégorie, si bien qu’on peut déjà commencer en douceur dans tous ces domaines. Les illustrations sont à la fois très drôles et informatives; il y a de nombreux schémas explicatifs qui peuvent être utiles pour ceux qui n’aiment pas lire 😉

Bref Famille (presque) Zéro Déchet- Ze Guide est un indispensable pour tous (que vous ayez des marmots ou non d’ailleurs), qui vous informera et vous donnera la petite étincelle de motivation qui manquait pour dire adieu aux emballages. Vous ne serez pas déçu, parole !

N’hésitez pas à aller voir leur blog : http://www.famillezerodechet.com/

 

 

J’aime la viande #2: et j’aime les animaux

Ici, je choisis de partager ma réflexion sur de nombreux stéréotypes et croyances sur le végéta*isme. Je parlerais également de véganisme, puisque, bien que je ne sois pas vegan à 100%, j’essaie de faire au mieux. Évidemment je ne viserais personne personnellement dans ces articles, qui sont dédiés à l’échange et à la réflexion. Les insultes et manques de respects ne sont donc pas les bienvenus.

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Qui ne s’est jamais offusqué devant des images de chat balancé par une fenêtre, ou de plats typiques de pays lointains garnis… de chien. Étonnant quand on pense que cette empathie, cet amour des animaux, nous l’oublions si facilement une fois passé à table. Les moutons, vaches, poules, lapins, chevreuils, qui finissent dans nos assiettes n’ont pas droit à autant de considération que nos chers chats, chiens, furets, hamsters ou cochons d’Inde. Pourquoi cette distinction ?

1.Le spécisme

Selon l’Encyclopédie Universelle, le spécisme est un terme « Constitué en référence et par analogie aux notions de racisme et de sexisme,ce terme désigne toute discrimination fondée sur des critères d’appartenance à uneespèce biologique donnée. » En clair, une personne spéciste ne va pas reconnaître la même sensibilité, les mêmes droits ou les mêmes rôles à des animaux de différentes espèces. Breaking news; nous le sommes tous à différents degrés.

Ici, il s’agit donc de distinguer les animaux qui sont « mangeables » de ceux qu’il est culturellement inconcevable de manger. Ou de torturer d’ailleurs. Je peux citer les milliers de singes torturés au quotidien par des laboratoires pour des expériences, là ou un scandale éclate dès qu’il s’agit de torturer un chien pour les mêmes raisons. Si on cherche à donner une valeur à leur vie, les tortures ne sont justifiables pour aucun des animaux.

L’antispécisme cherche donc à rendre une équité (et non une égalité, ce n’est pas la même chose) entre tous les êtres vivants. Et non pas de faire passer les autres animaux avant l’humain. Juste le respect de tous les êtres vivants.

Fabien CARRIÉ, « ANTISPÉCISME  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 août 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/antispecisme/

 

2. La Dissonance cognitive

Découle du spécisme ancré dans nos cultures un phénomène psychologique génial, qui nous permet de nous arranger avec notre conscience: la dissonance cognitive.

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Un petit exemple simple: le fumeur qui sait que fumer tue

La dissonance cognitive permet de vivre en accord avec soi-même et ses valeurs, même si en vrai, on ne les met pas du tout en application. Par exemple: je cherche à sauver la planète, mais je ne recycle pas mes déchets.

C’est le fameux exemple de l’éleveur qui aime ses vaches, mais qui programme tout de même consciencieusement leur mort et les envoie à l’abattoir. Imaginez cela reporté à un autre animal: j’adore mon chien, je m’en occupe bien, mais le mois prochain, j’ai prévu de le faire abattre / parce qu’il est devenu trop vieux pour la reproduction avec les chiennes de mon élevage. La partie en gras de la phrase montre l’excuse qu’on se donne à l’acte qui en réalité ne correspond pas avec notre amour de ce chien. Perso, le chien, si je l’aime je le garde avec moi jusqu’à ce qu’il meurt paisiblement dans son sommeil. Imaginez ça dans un élevage de vaches: c’est juste impossible.

3. Le poids de la culture

Savoir ce que sont le spécisme et la dissonance cognitive est une chose, mettre en pratique ce pour quoi on croit représente une autre paire de manches. Il ne s’agit pas de hurler à tout bout de champs que le monde est injuste tout en likant des photos de chats mignons sur twitter.

Il s’agit de mettre en application ce qu’on pense être juste, non seulement pour soi, mais également pour les autres. Je ne pense pas que les gens souhaitent vraiment tous ces milliards d’animaux torturés et tués chaque année dans la mer comme sur la terre. Je pense que les gens sont mal informés. L’éducation et les traditions s’ajoutent à cette équation complexe. Il est difficile d’ignorer que la France est le pays du foie gras, et que tu peux offenser grandement ta mamie en refusant de manger de la chair brûlée en décomposition (oui, même la viande « fraîche » commence très rapidement à se décomposer du moment qu’elle est morte).

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Le boycott de la viande, du poisson, du lait et des œufs ne permet pas de sauver les animaux qui souffrent aujourd’hui. Cela permet en revanche de réduire le nombre de ceux qui souffriront à l’avenir. Ce n’est pas parce qu’à l’avenir nous ne serons plus là, qu’il ne faut rien changer.

Pour conclure, je ne vous ordonne rien, je ne cherche pas à vous convertir à un quelconque dogme de secte (ou autre connerie qu’on peut dire aujourd’hui des végé). Je cherche simplement à vous restituer les informations que j’ai pu glaner. Déconstruire des croyances sociales, changer de traditions sont des exercices très complexes. Il faut du temps pour accepter d’avoir eu tort, pour chercher à agir mieux. Le tout est de s’investir réellement quand une chose nous tient à cœur. Les animaux cohabitent avec nous sur cette Terre, ils ont le droit d’y vivre en toute quiétude. Comme nous.

L’école du Colibri; Isabelle Peloux

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Synopsis:

En 2006, Isabelle Peloux, professeur des écoles, fonde une école différente, au cœur du centre agroécologique des Amanins, dans la Drôme. Elle y développe une pédagogie fondée sur la coopération entre les élèves ainsi qu un enseignement spécifique d éducation à la paix avec soi-même, avec les autres et avec l’environnement.

Mon Avis:

Je ne sais pas trop ce qui m’a pris pendant mes VACANCES de lire un bouquin sur la pédagogie, mais bon, je ne regrette pas.

Je cherchais quelques pistes de réflexions pour mettre en pratique une pédagogie collaborative. L’ouvrage d’Isabelle Peloux décrit son expérience à l’école primaire des Amanins. Elle fait partie du mouvement des Colibris, qui souhaite apporter sa contribution (même toute petite) à l’écologie. L’école comporte (trèèès) peu d’élèves et se situe en milieu rural, il peut être donc difficile à première vue de le retranscrire à ce qu’on peut vivre soi-même (un lycée en banlieue parisienne par exemple).

N’empêche que les méthodes et démarches de l’autrice sont très intéressantes, et cela peut non seulement te rendre de l’espoir sur la profession, mais également te donner quelques pistes.

L’idée de la collaboration pour remplacer le système de compétition plébiscité par le système scolaire français me paraît bien plus saine pour bâtir un monde où tes enfants ne chercheront pas à écraser ceux des autres pour se faire une place au soleil (ce qui est déjà le cas). Peut-être ces idées sont utopistes, mais je préfère largement chercher à changer les choses, plutôt que d’être égoïste et d’ignorer les autres.

En bref, même si tu es pas enseignant.e, tu as quelque chose à apprendre de ce livre, et plus globalement des Colibris 😉

Vivre Végane, Gwendoline Ysèbe

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Synospis:

Vivre végane, c’est choisir de modifier sa façon de consommer et d’agir de fac?on a? être dans le respect de la vie animale. Dans ce guide pratique, la journaliste Gwendoline Yzèbe, végane bien sûr, aborde tous ces aspects du véganisme. Dans une première partie, l’auteur explique les raisons qui incitent, depuis toujours, les hommes à devenir végane : protection de l’environnement, respect des animaux, bénéfices pour la santé, racines philosophiques et religieuses de ce mouvement. L’auteur explique ensuite comme être vegan au quotidien : cuisine, vêtements, cosmétiques et produits d’entretien d’origine 100% végétale. Entretiens avec des spécialistes, décryptage d’étiquettes et labels, recettes, blogs, adresses de boutiques et sites de ventes en ligne, un ouvrage qui fourmille d’informations pratiques.

Mon Avis:

Cet ouvrage est très bien pour commencer une vie végane, ou pour simplement se renseigner sur le sujet. L’autrice Gwendoline Yzèbe écrit de façon simple, claire et très bien organisée sur le sujet. Depuis l’histoire du véganisme jusqu’à sa mise en pratique dans la vie quotidienne, le sujet est bien balayé, avec des petits trucs en plus qui peuvent faciliter la démarche, quand on n’y connait rien. Des petites recettes de cuisine se sont même glissées entre les pages. Je ne les ai pas essayées, mais elles sont simples et accessibles. L’autrice démystifie les préjugés sur les carences qui sont probablement LE truc dont on entend le plus parler, avec bibliographie et sitographie assortis s’il vous plaît !

La lecture de ce livre peut rassurer des parents inquiets, des débutants qui ne savent pas par où commencer, bref, il s’agit là d’un moyen d’apporter un peu de paix entre des personnes qui n’ont pas fait les mêmes choix de vie.

A offrir, à donner à lire à voix haute pour ta grand-mère qui a la vue qui baisse ❤

J’aime la viande #1 : végé, moi ? Jamais !

La première chose qu’on me répond quand je dis que je suis végétarienne c’est « moi je pourrais jamais, j’aime trop la viande ». C’est pour cela que j’ai choisi d’intituler ma nouvelle série d’articles sur mon végétarisme « j’aime la viande ». Ici, je choisis de partager ma réflexion sur de nombreux stéréotypes et croyances sur ce mode d’alimentation. Je parlerais également de véganisme, puisque, bien que je ne sois pas vegan à 100%, j’essaie de faire au mieux. Évidemment je ne viserais personne personnellement dans ces articles, qui sont dédiés à l’échange et à la réflexion. Les insultes et manques de respects ne sont donc pas les bienvenus. Cette longue introduction étant faite, nous pouvons entrer dans le vif du sujet…

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Mini pizzas poulet-curry à la crème faites maison par moi

Aujourd’hui je vais aborder ma propre transition vers le végétarisme, histoire que vous puissiez comprendre ma démarche pour les articles qui suivront.

J’ai aimé la viande toute ma vie. Surtout le poulet rôti aux pommes de terre, le foie gras, les merguez. J’ai aimé le veau tendre plongé dans sa sauce, les nuggets, le jambon blanc, le saucisson, et le chou farci. J’ai été éduquée comme cela. Mes plats chaque midis et chaque soirs, à la maison ou à la cantine étaient constitués comme suit: une viande et un légume. Sans parler des bols de lait au chocolat, des yaourts ou encore des tartines de beurre salé. Difficile pour moi alors d’imaginer un monde sans viande: j’aimais trop ça. J’aimais le goût, les petits plats faits maison, l’odeur de la graisse brûlée dans les poêles.

J’ai eu l’occasion de rencontrer les personnes végétariennes pour la première fois pendant mon lycée. C’est la première fois que j’ai entendu le mot « cadavre » associé à ce que j’avais dans mon assiette. Et je n’ai jamais eu rien à redire à ce mot. Effectivement, le mot « viande » désigne tout simplement un morceau de cadavre d’animal découpé.

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La tarte au chocolat: vestige de ma vie étudiante

En devenant étudiante, à moi l’autonomie dans mes courses ! Et là, j’ai été complètement paumée: conservation des aliments, place dans le frigo, équilibre alimentaire… Je me suis retrouvée complètement novice dans ce domaine. Mis à part les fondants au chocolat, je n’aimais pas beaucoup cuisiner. Mes premières interrogations sont nées avec le gaspillage alimentaire de mes premiers mois en solo. Je gérais mal les dates de péremption de mes filets de poulet et je ne finissais pas mes saucissons à temps avant qu’ils deviennent durs comme de la pierre. L’argent gâché m’a contrarié. Puis la mort inutile d’un animal m’est venue à l’esprit. Pourquoi ce poulet est mort, si c’est pour terminer dans ma poubelle ? Au fil des mois, je me suis posé une question en découlant directement: pourquoi ce poulet est mort ?

Les scandales à la viande de cheval, la ferme des 1 000 vaches, les vidéos d’abattoirs qui circulent sur internet, la maladie de la vache folle… Ont été d’autres facteurs d’interrogation pour moi, d’autant plus que j’arrivais difficilement à atteindre mes 5 fruits et légumes par jours. J’ai pris (un peu) de poids, j’ai donc senti que  quelque chose clochait dans mon alimentation. Il a fallu que je me réconcilie avec les fournaux. J’ai appris à aimer cuisiner, à inventer des recettes avec ce que j’avais sous la main, avec ou sans cadavre. Intégrer des fruits et des légumes dans mon alimentation a été long; je devais presque tout apprendre sur la cuisson, les associations de saveurs, les épices… Avec des ratés !

J’ai commencé à envisager le végétarisme petit à petit, au fil de mes lectures (articles scientifiques et blogs végé), de mes recherches sur la santé et le bien être animal. J’ai découvert avec stupéfaction à quel point la viande coûtait cher en ressources, en énergie, en douleur animale. Ce sont des choses qui sont tues dans notre société. On ne parle jamais dans les médias conventionnels du massacre des animaux par milliards chaque jour. Ce massacre est même justifié par certains. Pourtant, il y a largement de quoi être révolté. Je n’étais pas d’accord avec le fait que je sois responsable indirectement de la mort d’animaux pacifiques et sans défense. Pendant un an, je ne mangeais presque plus de viande chez moi. Puis en janvier 2016, pendant que je préparais un concours, j’ai sauté le pas. Je venais de lire Plaidoyer pour les animaux de Mathieu Ricard, et j’avais vu le désormais célèbre documentaire Terriens (Earthlings en V.O).


 

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Il m’aura fallu quatre ans de réflexion, de recherches, à peser les pours et les contres, à être malade de voir à quel point les humains se voilent la face sur le contenu de leur assiette. Mon végétarisme a été très mal perçu par certains, très bien perçu par d’autres. Les premiers mois ont été une montagne russe émotionnelle, mais ça valait tellement le coup, pour se sentir en paix avec ses convictions. Ça n’a pas de prix de pouvoir être soi-même.

Si tu cherches à sauter le pas, n’hésites pas, même si tu n’es pas sûr.e de toi. Tu as le droit de ne pas savoir certaines choses, tu as le droit de te tromper, et tu as le droit de te sentir bien dans ton assiette. Et tu as le droit de demander de l’aide.

Prends soin de toi et des animaux.

Vie de Carabin, Insolente Veggie, Rose…

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Vie de Carabin Dossiers médicaux, tome 1 : Carnets de santé par Védécé

Synopsis:

 

Depuis 2011, Védécé raconte son quotidien d’étudiant en médecine sur Internet. Parfois drôles, parfois révoltantes, toujours véridiques, ses anecdotes sont suivies aujourd’hui par plus de 10 000 lecteurs.

Mon Avis:

Si vous souhaitez en apprendre plus sur le quotidien des jeunes internes en médecine, cette BD est faite pour vous ! Védécé nous fait découvrir avec une ironie mordante et un sens de l’observation incroyable. J’ai beaucoup aimé le coup  de crayon et les diverses situations décrites. Mine de rien, ça tombait très bien avec mes visionnages de Scrubs et Dr. House. Je vous la conseille comme lecture d’été, avec un cocktail sans alcool, au bord de la piscine, ou à l’ombre d’un arbre.

Insolente veggie, par Rosa B.

Synopsis:

L’album reprend des dessins qui ont fait le succès du blog Insolente Veggie et propose aussi de nombreux inédits. L’autrice aborde avec humour et esprit militant ce qui fait le quotidien des végétariens, des végétaliens et des vegans aujourd’hui : – végétarisme, végétalisme, véganisme, – écologie, – carnisme, spécisme, antispécisme, – lait, oeufs, – viande, élevage, abattage, – corridas, cirque, chasse, zoos, – vivisection…

Mon Avis:

Cela faisait tellement longtemps que je souhaitais lire cette BD ! L’astuce c’est de l’offrir à ton amoureux pour pouvoir le lire à ton tour (niark je suis diabolique). Quand on est sensible à la condition animale, ce genre de BD ne peut pas laisser indifférent.e. En revanche, je me demande bien quelle réception on peut en avoir si on s’en fiche des animaux ? Bref, c’est un peu ce que j’appelle « l’humour végé », qui se moque gentiment des contradictions des carnistes, ou qui fonce dans le tas en dénonçant les horreurs dont nous sommes responsables.

L’antispécisme c’est pas pour les chiens ! par Rosa B.

 Synopsis:

Qu’est-ce que le spécisme ? À quoi ressemble la vie d’un antispéciste ? L’homme est-il le nec plus ultra de la création ?
Que ces questions hantent vos nuits ou que vous n’ayez jamais entendu parler de ce concept, petit cours illustré d’antispécisme plein d’humour, un peu de mauvaise foi et bourré d’insolence !

Mon Avis:

Deuxième volume proposé par Rosa B. J’aime beaucoup le titre, puisqu’il parle d’un concept qui est inconnu à bon nombre de gens, à savoir : combattre les discriminations qui sont faites en fonction de l’espèce à laquelle tu appartiens. Pourquoi chouchoute-t-on nos chiens tout en infligeant des tortures innommables à des lapins de laboratoires ? Pourquoi tuer une vache se justifie, quand ce n’est pas le cas du meurtre des chats ? Bon prolongement des questions qui ont été abordées dans le premier tome, cette BD sera vite votre indispensable de chevet.

Rose, tome 1, par Valérie Vernay, Emilie Alibert et Denis Lapière (2017)

 Synopsis:

Jeune fille discrète, Rose a un secret : elle a le pouvoir de se dédoubler ! Son esprit peut quitter son corps et pénétrer dans les appartements pour regarder vivre les gens. Ce don, elle ne le comprend pas. Elle l’appelle « sa maladie ». Elle n’a jamais réussi à en parler : ni à sa mère, morte après sa naissance, ni à son père, devenu détective privé à la mort de sa femme. Un jour, tout bascule : son père est abattu d’une balle dans la tête ! Rose décide alors de reprendre l’affaire de son père pour découvrir son assassin.

Mon Avis:

Un premier tome qui donne une envie furieuse de connaître la suite ! Si j’avais su que le tome 2 n’était pas encore sorti… C’est très rare que je lise des enquêtes, puisque ce n’est pas ma tasse de thé du tout, mais là… C’était une BD excellente ! Le coup de crayon, la colorisation, le scénario, tout m’a charmée. Rose est une jeune femme attachante, pas girly-pouffe, ni trop intelligente pour être crédible. L’histoire accroche tout de suite : ça m’a entraînée, et j’ai tout lu d’une traite. Je la conseille pour les grands comme pour les plus jeunes, également pour cet été.

Bisous ventilateur !

Végé: pourquoi pourquoi (tout ça n’arrive qu’à moi) ?

 Un an que je suis végétarienne, raisonnez tambours et sonnez trompettes mesdames et messieurs, parce que ça y est, je vais en parler !

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Pourquoi tu veux manger des bébés ???

Alors d’abord, pour quoi je suis devenue végétarienne ?

La réflexion a été longue et a commencé quand j’ai commencé à vivre seule, à 18 ans. Je faisais mes courses toute seule, et ne maîtrisais pas toujours bien les dates de péremption des produits. Vous me voyez venir, j’ai beaucoup gaspillé de blancs de poulets qui sont devenus verts avant d’avoir eu la « chance » de se faire roussir à la poêle. A l’époque, je me disais déjà « ce poulet est mort pour rien, je ne l’ai même pas mangé ». J’ai alors commencé, de steak à la poubelle en saucissons trop secs pour être mastiqués, à me demandé s’ils vivaient pour quelque chose finalement, ces animaux qui finissaient dans mon assiette, ou ma poubelle. Comme tout le monde, j’ai grandi dans l’idée que c’était normal, c’était comme ça, il fallait manger de la viande. C’est culturel, et la chose la plus difficile à modifier dans nos habitudes quotidiennes c’est bien ça.

Est venu le temps du scandale de la viande de cheval dans les lasagnes. Premier déclic: pourquoi s’insurger pour des chevaux morts, et tolérer que  des bœufs se fassent tuer sans sourciller ? Pourquoi les vaches sont folles ? Comment fait-on les nuggets ? A quoi ça ressemble un abattoir? Pourquoi aime-t-on les chiens et mange-t-on les moutons ?

J’ai commencé à m’informer sur l’alimentation végétarienne, et me suis retrouvée face à mon manque de compétences en cuisine. Je ne connaissais pas beaucoup de recettes, et je mangeais n’importe quoi. J’avais donc besoin d’abord d’apprendre à mieux manger: plus de fruits, plus de légumes, puis un plat végé par semaine, puis plusieurs par semaine… La transition s’est entamée en 2014. Je suis devenue complètement végétarienne, avec coming-out et compagnie, l’année dernière. Plus je m’informais, plus je trouvais la consommation de viande inutile, voire néfaste pour la santé (en plus on digère mieux après). J’ai ensuite découvert l’impact environnemental incroyablement négatif de l’élevage. Puis l’horreur, le dernier déclic, la réalisation qu’on a tous tellement de mal à regarder en face : les animaux ressentent des émotions, de la douleur, de la tristesse. Les animaux ressentent ce qu’on leur fait subir au quotidien: mutilations à vif, coups, engraissement à outrance, inséminations à répétition, vie sans jamais voir le soleil, pas de place pour se retourner, folie… Oui les animaux deviennent fous, ils se mordent, cherchent à se tuer tant ils sont désespérés. Et pas seulement dans les élevages: souvenez vous de ces animaux au comportement étrange que vous avez croisé dimanche dernier au zoo.

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Être végétarienne ne répond pas à tous les maux, je ne pense pas être meilleure que les autres par cette décision, mais je suis plus en accord avec moi-même et mes valeurs. Causer le moins de souffrance possible sur cette terre, et respecter l’environnement. En 2017 en France, on peut être en parfaite santé en fichant la paix à des êtres vivants sentients qui n’ont rien demandé à personne.

PS: ne me parlez pas d’élevage respectueux ou bio, parce qu’au final les animaux naissent tous dans le même but; mourir pour satisfaire une envie curieuse qu’on les humains de se donner le cancer, des maladies cardio-vasculaires, de l’obésité.

Une vidéo pour réfléchir :

 

Bibliographie personnelle :